entre nous
Mais, en 1993, cette société après plus de quatre ans de travail et de labeur pour se faire connaître, trouver un café de qualité et séduire ainsi les consommateurs - il faut bien vivre - a décidé de devenir la première à commercialiser en France un café étiqueté du label « commerce équitable ».
Aujourd'hui, tout le monde connaît ce label Max Havelaar mais en 1993 ce n'était pas le cas. Pour ceux qui ignorent encore de quoi il s'agit, reprenons les éléments importants : le label Max Havelaar garantit, certifie, que les produits qui portent son logo respectent, dans leur fabrication et leur commercialisation, les critères internationaux du commerce équitable. Un vœu pieu ! Une utopie ! Du rêve, voir du vol ! La question et ses réponses cinglent depuis des années et ce n'est pas toujours facile de donner des certitudes aux consommateurs.
Ce qui est certain, c'est que plus que jamais cette notion de commerce équitable est dans l'esprit du temps. Les échecs des négociations de l'OMC montrent bien la difficulté de trouver un équilibre entre riches et pauvres, entre nord et sud, entre producteurs et commerçants, entre vendeurs et consommateurs... Le commerce équitable est une notion fragile qui se fonde sur le fait que chacun doit pouvoir vivre et qu'il n'est pas normal d'avoir vu, il y a quelques années, des producteurs de café ou de cacao se retrouver ruinés en quelques jours à cause des chutes des cours à la bourse de New York... Il faut parvenir une plus grande équité, contribuer au développement durable et garantir les droits des producteurs et travailleurs marginalisés au sud de la planète.
Ce mouvement, contrairement à des idées reçues et des constations initiales, ne doit pas pénaliser la qualité des produits. Ce n'est pas parce que l'on va payer un peu plus les producteurs - à peu près 20 centimes de dollars au kilo - que cela devrait altérer le goût au moment de la consommation en Occident. De plus, en donnant un prix plus juste aux produits venant du sud, on donne la possibilité aux producteurs des pays riches de ne pas être systématiquement concurrencés par des denrées à bas prix produites par l'exploitation des enfants que l'on met au travail sans aucun scrupule ou des ouvriers sans aucun droit.
Aujourd'hui, 82% des Français affirment connaître le commerce équitable. C'est beau direz-vous, mais en fait, ils ne consomment que 2.64€ par habitant et par an. Ce n'est pas beaucoup...
Je sais bien que le coût de la vie est ce qu'il est, que les temps sont durs, que les familles souffrent trop pour se poser de tels problèmes... Et pourtant, nous pourrions bien faire un effort car si nous vivons une époque difficile, elle l'est aussi pour les paysans de Bolivie ou des Indes... Alors, comme le café, le chocolat et le thé - trois produits très fortement présents dans le commerce équitable - sont des produits de luxe qui ne sont pas indispensables à notre vie, il serait bon d'en consommer un peu moins mais de les choisir dans ces produits labellisées « Commerce équitable ». Un geste qui n'enlèvera rien à la qualité en bouche, au contraire, qui aidera des familles à mieux vivre demain au bout du monde et ne vous privera que fort peu...
Je remercie monsieur Olivier Bernadas de m'avoir fourni quelques éléments dans la préparation de cette chronique et je le remercie d'avoir choisi le premier de s'engager dans cette voie, du moins en France, du commerce équitable !
Allez, je crois que c'est l'heure de faire une petite pause café... Que diriez-vous d'une tasse d'un très bon café du Pérou, du Chamaya, j'adore son goût fruité... A votre santé !
Entre-nous : Bien manger
Le commerce équitable
Il y a vingt ans naissait une société d'importation et de torréfaction de café. Petite entreprise qui aujourd'hui fait vivre une trentaine de personnes en France sans compter tous ceux qui trouvent avec elle des débouchés pour leur produit, ce fameux café qui est symbole, pour de très nombreuses personnes, de convivialité, de pause, de source d'énergie, voir de dopant... je n'irai pas jusqu'à dire de drogue.Mais, en 1993, cette société après plus de quatre ans de travail et de labeur pour se faire connaître, trouver un café de qualité et séduire ainsi les consommateurs - il faut bien vivre - a décidé de devenir la première à commercialiser en France un café étiqueté du label « commerce équitable ».
Aujourd'hui, tout le monde connaît ce label Max Havelaar mais en 1993 ce n'était pas le cas. Pour ceux qui ignorent encore de quoi il s'agit, reprenons les éléments importants : le label Max Havelaar garantit, certifie, que les produits qui portent son logo respectent, dans leur fabrication et leur commercialisation, les critères internationaux du commerce équitable. Un vœu pieu ! Une utopie ! Du rêve, voir du vol ! La question et ses réponses cinglent depuis des années et ce n'est pas toujours facile de donner des certitudes aux consommateurs.
Ce qui est certain, c'est que plus que jamais cette notion de commerce équitable est dans l'esprit du temps. Les échecs des négociations de l'OMC montrent bien la difficulté de trouver un équilibre entre riches et pauvres, entre nord et sud, entre producteurs et commerçants, entre vendeurs et consommateurs... Le commerce équitable est une notion fragile qui se fonde sur le fait que chacun doit pouvoir vivre et qu'il n'est pas normal d'avoir vu, il y a quelques années, des producteurs de café ou de cacao se retrouver ruinés en quelques jours à cause des chutes des cours à la bourse de New York... Il faut parvenir une plus grande équité, contribuer au développement durable et garantir les droits des producteurs et travailleurs marginalisés au sud de la planète.
Ce mouvement, contrairement à des idées reçues et des constations initiales, ne doit pas pénaliser la qualité des produits. Ce n'est pas parce que l'on va payer un peu plus les producteurs - à peu près 20 centimes de dollars au kilo - que cela devrait altérer le goût au moment de la consommation en Occident. De plus, en donnant un prix plus juste aux produits venant du sud, on donne la possibilité aux producteurs des pays riches de ne pas être systématiquement concurrencés par des denrées à bas prix produites par l'exploitation des enfants que l'on met au travail sans aucun scrupule ou des ouvriers sans aucun droit.
Aujourd'hui, 82% des Français affirment connaître le commerce équitable. C'est beau direz-vous, mais en fait, ils ne consomment que 2.64€ par habitant et par an. Ce n'est pas beaucoup...
Je sais bien que le coût de la vie est ce qu'il est, que les temps sont durs, que les familles souffrent trop pour se poser de tels problèmes... Et pourtant, nous pourrions bien faire un effort car si nous vivons une époque difficile, elle l'est aussi pour les paysans de Bolivie ou des Indes... Alors, comme le café, le chocolat et le thé - trois produits très fortement présents dans le commerce équitable - sont des produits de luxe qui ne sont pas indispensables à notre vie, il serait bon d'en consommer un peu moins mais de les choisir dans ces produits labellisées « Commerce équitable ». Un geste qui n'enlèvera rien à la qualité en bouche, au contraire, qui aidera des familles à mieux vivre demain au bout du monde et ne vous privera que fort peu...
Je remercie monsieur Olivier Bernadas de m'avoir fourni quelques éléments dans la préparation de cette chronique et je le remercie d'avoir choisi le premier de s'engager dans cette voie, du moins en France, du commerce équitable !
Allez, je crois que c'est l'heure de faire une petite pause café... Que diriez-vous d'une tasse d'un très bon café du Pérou, du Chamaya, j'adore son goût fruité... A votre santé !
3 août 2008 - Bonnet Michel




